4. Autres débats autour du temps

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Tout existe déjà ?

Nous avons fini la partie précédente par une « révélation » on ne peut plus surprenante en disant que croire aux lois de la physique reviendrait à croire au fait que « tout » existe déjà. On remplit nos emploi du temps et préparons ainsi l’avenir, sans douter que celui-ci n’adviendra. Mais l’avenir existe-t-il ? Est-il seulement le fruit de notre imagination ? Certains physiciens se laissent à penser que l’Univers baigne dans un « milieu » intemporel tel un bloc (appelé pavé ou parallélépipède rectangle dans la partie Relativité et dilatation du temps) dans lequel le passé tout comme le présent mais aussi l’avenir soit déjà « présent ». Nous ne ferions que parcourir le temps et l’espace ce qui nous donnerait l’impression de « l’écoulement » de temps. Le temps serait bel est bien une construction de notre cerveau…

 

Voyage dans le temps ?

De la même façon, le fait que tout soit déjà « là » pourrait nous faire croire qu’il est possible de voyager dans le temps. Là aussi, ce qui est interpelant c’est que les équations physiques n’interdisent pas pour l’instant ces voyages temporels ! Le mouvement mais aussi la gravité ayant un impact important sur « l’écoulement » du temps, le fait de rester quelques minutes en orbite autour d’un trou noir permettrait de voyager dans le futur. Et en ce qui concerne le voyage dans le passé, certaines équations d’Einstein prédisent l’existence de « trous de ver » qui constitueraient une sorte de tunnel entre deux régions de l’espace et du temps…  Mais ce « type » de voyage soulève de nombreux paradoxes. Tout d’abord, si l’on imagine un « voyageur temporel » nous lui attribuons d’office « deux » temps : son temps (dont il ne se « débarrasse » pas) et le temps dans lequel il effectue son voyage (une sorte de temps de l’Univers) et si l’on admet que le temps physique est unique (comme le suggère le principe de causalité) alors le voyage devient impossible car il reviendrait à dédoubler le temps. De plus les « machines temporelles (tels que les trous de ver (mathématiquement probables)) ne seraient qu’éphémères (si ils existent). La découverte de l’antimatière* a permis de confirmer le principe de causalité (en effet sa découverte a été prédite par des équations mathématiques reposant sur ce principe) et donc d’interdire le voyage dans le temps. On pourra constater que l’effet précédera la cause : par exemple ma naissance précèdera la rencontre de mes parents ! Pour conclure, bien que l’on puisse voyager dans l’espace (dans un espace « réduit » en tout cas) nous ne pouvons très probablement pas voyager dans le temps ou alors ce voyage ne ressemblerait pas à ce que l’on imagine (par exemple, considérons que justement le temps ne se dédouble pas : le fait de voyager 200 ans en arrière me ferait disparaître puis je réapparaîtrais lors de ma naissance en perdant toute mémoire de mes actions réalisées avant mon voyage temporel, je revivrais alors exactement les même expériences et aventures lors de mon « ancienne vie » pour respecter le fait que tout soit écrit…).

 

Accélération du temps cosmologique ?

Bien que l’impression que le temps « passe » soit peut-être une illusion, de nombreuses personnes sont convaincues que le temps passe de plus en plus vite (bon nombre d’entre elles confondent sûrement changement et temps : lorsqu’on s’ennui le temps semble « ralentir » et à l’allure ou se développe la société actuelle nous avons l’impression que le temps « passe » plus vite). Mais est-ce fondé ? A-t-on une preuve que le temps « passe » de plus en plus vite ? Un argument est celui de l’accélération de l’expansion de l'Univers[1] qui peut s’interpréter par un gonflement de l'espace lui-même. En effet, selon certaines théories (notamment la cosmologie quantique[2] qui est, il faut bien le dire, un peu spéculative) l’expansion de l’univers serait en fait le « moteur du temps » (ici il faut considérer que « l’écoulement » du temps n’est pas une illusion due à notre perception de celui-ci) et puisqu’on parle ici d’accélération de l’expansion de l’Univers, il est légitime de penser, si cette relation a bel et bien lieu, que le temps « passe » de plus en plus vite mais cela n’est que très hypothétique.  De plus on parle ici du temps cosmologique qui est à différentier du temps physique qui est propre à tout corps.

 

Arrêt du temps, quelles conséquences ?

« L’arrêt du temps »On peut se demander si le cours du temps venait à s’arrêter, tout disparaîtrait ? Le temps agit aussi quand tout est immobile, il fait persister le monde dans la continuité du présent bien que chaque instant soit constitué (localement) des mêmes composantes occupant la même place dans l’espace (c'est-à-dire que nous pourrions par exemple décrire pour chaque instant ce qu’il contient avec les mêmes coordonnées spatiales pour chaque constituant). D’où l’importance ici de ne pas dire que le temps implique le changement, même si à travers le changement on perçoit l’influence du temps (est non pas le temps lui-même), s’il n’y a pas de changements cela ne veut pas dire que le temps n’existe pas. Un monde peut-il exister si le temps n’existe pas ? Il est fréquent que certaines personnes, en contemplant un paysage d’hiver par exemple, un jour où la vitesse du vent est nulle, dans en endroit reculé de toute civilisation, où il n’y a pas âme qui vive ni le moindre bruit, se laissent penser que le temps s’est arrêté. Il est alors intéressant de se demander si dans un monde figé, où il n’y a pas le moindre changement, « un temps » existe. Si le temps s’arrête, plus rien n’évolue. L’instant présent est également « suspendu » donc tout ce qui existe, tout ce qui est … n’existe plus. Dans sa chute le temps entraînerait la chute du monde entier. En effet, si le temps contient l’Univers, une suppression du temps entraînerait irrémédiablement une suppression de l’Univers. Le temps est donc ce qui permet que les choses soient. Le temps n’arrête pas de « passer » (même dans un monde totalement statique), il faut alors admettre que le temps « passe » bien que ne sachant pas par rapport à quoi il passe. Un arrêt du temps reviendrait à imaginer rien, l’absence totale de tout.

 

D’où vient le temps ?

On pourrait aussi se demander qu’elle est l’origine du temps. Tout comme pour l’origine de nombreux phénomènes et observations de la nature (origine de l’Homme[3], de l’Univers de l’espace, de la matière), la physique se trouve incapable décrire voire même d’envisager l’origine. Mais qu’est ce que l’origine ? C’est le commencement, la première apparition ou manifestation de quelque chose. C'est-à-dire l’apparition de quelque chose dans quelque chose d’autre où cette première n’y est pas. Et là, la science n’est pas capable de décrire l’origine du temps que se soit d’un point de vue explicatif ou bien chronologique. Si l’on considère le model du Big-bang, il existe un temps cosmologique universel (qui est le temps propre d'un observateur (le temps que mesure sa Representation schématique de tous les instantanés depuis la création de l'Universmontre) dit « fondamental »). Ce temps est lié à l’expansion de l’Univers, la relativité générale d’Einstein lui confère une forme. Il peut être représenté comme sur le schéma ci-contre. Sur ce schéma, est symbolisé le Big-bang, mais le Big-bang est-il le commencement du temps ? Le temps existait-il avant l’Univers ? Kant disait : « Admettons que le monde ait un commencement : comme ce commencement est une existence précédée d’un temps où la chose n’est pas, il doit y avoir un temps ou le monde n’est pas, c'est-à-dire un temps vide. Or dans un temps vide, il n’y a pas de naissance possible de quelque chose ». Le paradoxe est là : déterminer le commencement du temps nous entraîne à parler de son origine dans une trame temporelle où il n’y est pas… on ne peut pas à l’heure actuelle décrire l’origine du temps cosmologique. Les théories les plus imposantes (théorie quantique, relativité, …) sont incapables de décrire « l’origine » de l’Univers bien que les formules soient capables de « voyager dans le temps ». On pourrait également se demander s’il y avait de l’espace et du temps avant le Big-bang, et là … on ne peut que spéculer.

 

Temps continue ou discontinue

On pourrait aussi considérer le temps comme quelque chose de discontinue. Et cette théorie bien que parfaitement spéculative n’est pas pour autant écartée aujourd’hui ! Et si nous ne pouvions pas mesurer une durée infiniment petite ? Cette question pourrait être élargie à l’hypothétique discontinuité de l’espace (certaines théories mathématiques prouvent qu’un espace peut changer « d’apparence » en fonction de l’échelle à laquelle il est observé et ainsi paraître continu à notre échelle et discontinu à une autre), le temps et l’espace sont liés (espace-temps) c’est pour cela que l’on pourrait se laisser à penser à un temps discontinu …



[1] Pour plus d’informations : le site du CERN (Les côtés obscurs de l’Univers) http://public.web.cern.ch/public/fr/science/Dark-fr.html. Consulté le 14/01/2013 [En ligne].

[2] La cosmologie quantique tente de décrire les premiers instants de l'univers (juste après le Big-bang) en le considérant comme un objet quantique.

[3] Une réflexion philosophique toujours d’actualité se tient sur « l’étonnante présence » de l’Homme dans l’Univers. Il a était démontré que si l’on modifie de façon infime l’une des caractéristiques de notre Univers, la vie sur Terre serait impossible. Mais à vrai dire, si les conditions étaient en effet différentes, nous ne serions pas là pour en parler … 

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